UN TOIT COMPLET ET UNE PISTE RÉDUITE – PERMISSION ACCORDÉE

En janvier 1973, la Fédération Internationale Amateur de Cyclisme (F.I.A.C.) permit à Montréal de construire son Vélodrome avec un Toit complet et une piste longue de 285,714 mètres.

Lors de l’annonce des projets du Parc Olympique le 6 avril 1972, le film montrait un Vélodrome avec un toit au-dessus des spectateurs et de la piste cycliste, mais laissant un grand trou au centre avec des câbles reliant les côtés.

Montréal voulait utiliser le Vélodrome 12 mois par année. Vu la rigueur de nos hivers et la popularité des « fameuses courses de 6 jours » au Centre Paul Sauvé, coin Pie IX et Beaubien, nous avions demandé à la F.I.A.C. de permettre la construction d’une toiture couvrant tout le bâtiment. Les règlements étaient stricts et personne ne pouvait y déroger. L’Architecte Taillibert ne pouvait pas compléter sa conception du bâtiment sans cette réponse.

À chaque course de 6 jours, une piste d’environ 115 mètres de longueur était construite à l’intérieur de la patinoire de hockey ; c’était la plus grande longueur qui pouvait être aménagée dans ce type de bâtiment. Par ailleurs, plus la piste était petite, plus l’action était intense et les spectateurs appréciaient le spectacle, d’où notre désir de réduire le plus possible la piste du Vélodrome.

Vélodrome de Munich – Jeux Olympiques de 1972
Vélodrome de Munich – Jeux Olympiques de 1972
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Aux Jeux de Mexico en 1968, la longueur réglementaire de la piste cycliste était de 333,33 mètres et il n’y avait pas de toit. Les Allemands avaient innové en 1972 à Munich en obtenant l’accord de la F.I.A.C. de construire une piste de 285,714 mètres de long et une toiture recouvrant uniquement les spectateurs et la piste. C’était un 1er essai pour une toiture partielle. Les Allemands avaient justifié leur demande d’un toit partiel recouvrant les spectateurs et la piste, en invoquant le fait que les compétitions auraient lieu même s’il y avait pluie, donc pas de report de compétition. Cette raison n’a pas tenu, puisque les compétitions ont été annulées les jours de pluie ; j’en ai été témoin. Le vent poussait la pluie de côté et la piste se mouillait à certains endroits. Il suffisait qu’une seule section fut mouillée, si minime fut-elle, et les compétitions étaient arrêtées jusqu’à l’assèchement complet.

La F.I.A.C. attendait de voir les résultats de «l’expérience Munich», avant de dire oui à Montréal. Notre film fut projeté le 6 avril 1972 et les Jeux de Munich ne commençaient que le 26 août 1972, 4 mois et demi plus tard ! L’expérience de Munich favorisait le «tant qu’à permettre un toit partiel où les compétitions sont reportées s’il y a pluie», il est préférable de permettre un toit complet et le cyclisme pourra y être pratiqué à l’année longue.

Forte de cette expérience, en janvier 1973 la F.I.A.C. dit oui à notre demande d’un toit complet et d’une piste de 285,714 mètres et M. Taillibert put compléter sa conception.

Pour plus de polyvalence, une patinoire de glace artificielle fut construite à l’intérieur de la piste cycliste, une fois et demie la dimension de la patinoire réglementaire de hockey au Centre Bell, demeure de nos «CANADIENS».

Même si le Vélodrome semble destiné à une fonction sportive, ses zones périphériques et son immense parterre permettent une utilisation polyvalente avec ses vocations sportive, socio-culturelle et commerciale.

Horreur, Montréal détruit la piste cycliste.- Je devrais plutôt dire la Vraie Vérité « Horreur, Québec (sa RIO) détruit la piste cycliste» … pour y abriter des pingouins à compter de 1992. M. Drapeau n’aurait jamais permis cette destruction coûteuse, financièrement et internationalement.

La Fédération Internationale Amateur de Cyclisme (F.I.A.C.) fut renversée d’apprendre ce crime que Montréal (non Québec et sa RIO) avait démoli la piste pour y mettre des animaux ! Nous avions travaillé si fort pour obtenir une piste réduite et un toit complet. Hypocrite ou incompétent, notre nom est fait pour toujours auprès d’eux !

Oui, je le sais : «Le toit du Vélodrome de Montréal a dépassé les prévisions budgétaires», mais beaucoup moins que les autres Installations du Parc olympique malgré sa grande complexité. Soyez sans crainte, j’y reviens en détails dans un autre texte. Pour lire Le Vélodrome - Son coût total gonflé, cliquez ici.

Conclusion.- Une œuvre majeure du « sport » et de la polyvalence d’utilisation est disparue du « Parc de sports » de M. Drapeau. Où étions-nous Québécois lors de ce crime ? Nous avons laissé modifier cette œuvre d’art !?!?

Claude Phaneuf, B.A., B.Sc.A.
Un des trois pionniers concepteurs du Parc Olympique et du Stade.
Membre de l'OIQ de 1962 à octobre 2006.
Mai 2010.







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