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UN DINER IMPORTANT – LA COMMANDE DE LA VILLE

La commande de la Ville et la capacité du Stade

Un bon matin d’avril 1971 qui s’annonçait bien calme pour moi, alors que j’étais au travail à Terre des hommes sur un projet spécial, je reçois un appel de mon Directeur qui me demande de me rendre à un dîner avec M. Drapeau et certaines autorités de la Ville au restaurant Hélène de Champlain, non loin de mon bureau de Terre des hommes. Je m’y rends confiant, car ce ne pouvait qu’être une suite logique à ce que j’avais commencé à vivre.

Un dîner d’importance, présidé par M. Pierre Charbonneau, attaché au bureau du Maire et conseiller spécial de la Ville en matière d’olympisme, fut le signal du départ des études des projets du Parc Olympique. Messieurs Drapeau, Gérard Niding, alors président du Comité exécutif et mon Directeur y étaient également. Ce n’était pas coutume qu’un ingénieur fut présent en même temps que son Directeur lors de rencontre avec M. le Maire.

Au cours de ce dîner, M. Drapeau abordent des sujets importants : « Le grand Stade avec ses stationnements, les Piscines et le Vélodrome se situeront dans l’Est de la Ville, au coin sud-est du boulevard Pie IX et de la rue Sherbrooke. -- Le nombre de places assises du Stade Olympique sera de 55 000 en phase permanente et de l’ordre de 70 à 80 000 pour la période des Jeux Olympiques. -- Les ingénieurs débuteront les études avant la participation des architectes afin de définir le programme détaillé des besoins à satisfaire, conclusion qu’il avait retenue des Jeux de Mexico.

À ce sujet, l’Architecte Alberto Gonzalez Pozo écrivait dans la revue « LA ARQUITECTURA Y EL DEPORTE » :-

« … Comme Henry J. Cowan le signalait récemment, la technique et la science appliquées à l’architecture ont étendu le domaine de celle-ci en faisant naître une conception connue à présent comme « Environmental design », qui englobe le contrôle scientifique de l’éclairage, la température, l’humidité, le son, la communication, la circulation et en général toutes les fonctions qui déterminent le confort et le caractère fonctionnel de l’ensemble architectural. Mais le processus ne s’arrête pas là. Puisque l’homme contemporain exige chaque jour davantage de confort et que ses nécessités sont de plus en plus diverses, il ne suffit plus à l’architecte de dresser à l’avance une liste sommaire de ces nécessités avant de dessiner les espaces correspondants, il doit en faire une étude minutieuse et planifiée. … Le travail préliminaire, avant l’établissement des plans proprement dits, qui a consisté à présenter un inventaire détaillé et ordonné des nécessités à satisfaire, a été décisif. … Ainsi les problèmes qui traditionnellement se réduisaient à une « composition » par l’architecte d’une série d’espaces différents formant un tout organisé, (comme dit le proverbe mexicain : tout tient dans une cruche pour qui sait l’y placer) se trouvèrent soudain multipliés, dans presque toutes les installations olympiques, ce qui d’une manière générale plaide en faveur de l’efficience accrue des responsables des programmes des nécessités à satisfaire et des plans définitifs. … »

M. Drapeau continua « Nous voulons des travailleurs infatigables aux manches retroussées et non des «signeux» de papier en chemise et veston ». Comme de fait mon Directeur avait le veston et moi la chemise à manches courtes ce jour-là ; j’étais un peu mal à l’aise. M. Drapeau ne regardait que moi tout le temps qu’il disait ces choses. J’étais gêné pour mon Directeur, mais je n’y pouvais rien. Peu de temps après, j’ai compris pourquoi cet agissement.

M. Drapeau attendait beaucoup de moi. C’était flatteur. Je venais de prendre de bonnes bouffées d’oxygène dont j’aurais amplement besoin pour réaliser la suite. D’ailleurs, toutes ces appréhensions se sont confirmées dans les mois qui suivirent.

Avant de nous quitter, M. Drapeau suggéra la visite possible de stades américains. Il savait que j’étudiais déjà ces stades avec les frères Beaudry. Après ce dîner historique où les autorités venaient de me donner ce que nous appelons « la commande du client », j’écrivis à M. Charbonneau pour l’informer de mon intérêt à participer à ce voyage et pour suggérer certains stades américains qui me préoccupaient déjà. Cette lettre fournissait les raisons qui justifiaient l’étude sur place de ces stades tout en démontrant que les études préparatoires du grand Stade progressaient sérieusement, pour voir la copie de cette lettre, cliquez sur le numéro de page: Page 1 , Page 2 , Page 3 .

Le voyage tarda et au lieu de dresser une liste des besoins ou un programme, à l’aide des documents de Munich et des frères Beaudry, je préparai un premier projet de Stade, – Ma version juin 1971.

Claude Phaneuf, B.A., B.Sc.A.
Un des trois pionniers concepteurs du Parc Olympique et du Stade.
Membre de l'OIQ de 1962 à octobre 2006.
Mai 2010







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