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Toile de Birdair et toile de Kevlar (Toit Taillibert)

J’entends souvent parler de toile ou de la toile Birdair. Nous bannissons le Toit léger parce que nous l’associons à la toile Birdair qui déchire souvent. Savons-nous réellement ce que signifie la toile Birdair par rapport à la toile Taillibert ? Toile de téflon ou toile de kevlar, pour plusieurs c’est du pareil au même. Pourtant, il y a une énorme différence dans leurs caractéristiques propres. Voyons ces photos qui parlent par elles-mêmes.

Toit Birdair/Toile de téflon et ses capteurs de neige
Toit Birdair/Toile de téflon et ses capteurs de neige
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Toile de kevlar (Taillibert) en voie d’être déployée
Toile de kevlar (Taillibert) en voie d’être déployée
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La toile du Toit Birdair

La toile Birdair se définit comme une membrane tendue faite de fibres de verre tissées recouverte de téflon. Peu résistante à la traction, elle déchire facilement. Aux dires des travailleurs qu’ils l’installaient en 1998, cette toile déchirait dans leurs mains. De l’avis du Directeur du Centre de recherche en plasturgie et composites de l’École polytechnique de Montréal, la toile actuelle (Birdair) avait des faiblesses dès sa conception. Plusieurs l’appellent « Le capteur de neige » puisque la neige s’accumulait dans ses nombreuses dépressions. La RIO l’a installée, l’a payée en totalité et a choisi de l’enlever. Pour en savoir plus, voir mon commentaire sur le Rapport du Service des Incendies de Montréal. Cliquez ici.

La toile Taillibert faite de kevlar

La toiture mise au point par M. Taillibert avait été parfaitement étudiée à partir d’un matériau Tolvar (Kevlar 49, famille des polyamides aromatiques). Cette membrane fut « tissée » en Allemagne chez Verseidag à partir de la fibre fabriquée par Dupont de Nemours International. De nombreux essais permirent de mettre au point un textile avec la caractéristique de pouvoir résister à des efforts de traction autant que l’acier . La toile seule ne pèse que 40 tonnes pour une superficie de près de 18,000 mètres carrés (2Kg/m2). Son Toit total avec ses câbles et toute la quincaillerie de support pèsent de l’ordre de 200 tonnes. Certains parlent d’une superficie de la toile de 20,000 mètres carrés. … Je ne sortirai pas mon galon à mesurer.

Pour avoir une idée de ce que représente ce poids minime de 200 tonnes, c’est le poids de 2 voussoirs des consoles. Nous savons qu’il y a 34 consoles au sol et 4 autres fixées au Mât. Les 34 consoles au sol ont en moyenne 34 voussoirs.

Rappelons-nous ce qu’en écrivait l’Architecte Taillibert en novembre 1974
dans la revue Rendez-vous76 - Montréal 3.

« La toiture mobile développant le plus grand toit mobile jamais adapté sur un tel bâtiment se justifie par la vocation “ tous temps ” du Stade.

Membrane tendue pouvant résister à des forces considérables, elle allie toutes les nouvelles techniques dans la création, tout en changeant de géométrie pour un système dynamique connu mais programmé.

Câbles et membrane couvrent près de 18 000 mètres carrés (190 000 pieds carrés) sans point d’appui. »

À la même date, dans la revue Montréal une ville olympique, il ajoutait :-

« Cette membrane, en dépit de sa légèreté, peut affronter les rigueurs des saisons inclémentes et se fixer en permanence au toit rigide. »

La toile de kevlar déchire le 27 juin 1991

Combien d’Ingénieurs et d’Experts ont conclu après la déchirure du 27 juin 1991 qu’il ne lui restait pas plus de 2 ans de vie ? Les Ingénieurs de Socodec-Lavalin ne trouvaient pas les causes des déchirures. Peut-être qu’ils ne voulaient pas reconnaître leurs erreurs ? L’Ingénieur français Jean Roret, retenu par M. Taillibert les a identifiées et son rapport fut remis à la RIO … qui n’y donna pas suite.

En octobre 1994, la RIO confiait son Xième mandat aux Ingénieurs Nicolet, Chartrand, Koll pour se faire dire encore combien il lui restait de temps à vivre. La RIO alla même jusqu’à demander à SNC-Lavalin de vérifier le rapport de NCK.

La toile de kevlar n’aurait pas dû être enlevée

Ce qui est aberrant, la RIO a sciemment ignoré les notes, lettres et recommandations de l’Ingénieur Louis Billotey et de M. Taillbert qui confirmaient que la toile était bonne et qu’il suffisait de corriger les erreurs qu’ils avaient clairement identifiées.

Le 6 avril 1998 commençait la décente de la toile de kevlar. Un certain M. François Delaney acheta cette toile et fit vérifier ses caractéristiques après 10 années et demie d’utilisation dans des conditions très peu favorables chez le fabricant Verseidag. Ses caractéristiques n’avaient pas changées. M. Billotey écrivait dans sa note à l’automne 1998 : « Les récents essais de traction, effectués ces derniers jours par VERSEIDAG sur des échantillons maintenus exposés à l’air libre et aux intempéries, ont confirmé la pérennité des caractéristiques mécaniques de la toile TOLVAR.»

La RIO a enlevée la toile qui avait toujours ses caractéristiques mécaniques, contrairement aux dires des Ingénieurs et experts consultés. Les Ingénieurs de Socodec-Lavalin auraient dû corriger les erreurs définies par l’Ingénieur Roret de M. Taillibert, plutôt que de dire qu’ils ne savaient pas le pourquoi des déchirures. Les Ingénieurs et les Experts auxquels la RIO s’est adressé ont mal évalué ses caractéristiques. La RIO a jeté à la poubelle les $147,42 Millions payés.


Claude Phaneuf, B.A., B.Sc.A.
Un des trois pionniers concepteurs du Parc Olympique et du Stade.
Membre de l'OIQ de 1962 à octobre 2006.
Ce 26 juin 2010. Révisé Octobre 2010.







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