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sont à venir

Dossier : Le Toit rétractable Taillibert et la corruption.

LE STADE, SON MÂT ET NOS INGÉNIEURS QUÉBÉCOIS

La commande : Un Stade « Olympique »

Les besoins permanents d’abord (baseball-football-soccer), les besoins immédiats ensuite (tenir les Jeux Olympiques d’été) et la polyvalence d’utilisation m’ont amené à concevoir avec M. Jean Drapeau, alors Maire de Montréal, un projet de Stade qui fut accepté par le Comité exécutif de la Ville et à définir la commande des Installations du Parc Olympique que j’ai remise à l’Architecte de renommée internationale, M. Roger Taillibert dont les services avaient été retenus à cause de ses réalisations sportives de grande envergure, spectaculaires et économiques.

De là est née cette merveille d’architecture qui a bousculé tant d’Architectes et d’Ingénieurs au cours des 35 dernières années et qui émerveille tous ceux qui la côtoient, même inhabitée.

Un Stade Olympique ne peut qu’être couvert pour la rentabilité ou découvert à cause des règles olympiques qui exigent que les compétitions d’athlétisme ne peuvent avoir lieu dans un Stade fermé, tout au moins permettent-t-elles qu’un Toit recouvre les spectateurs sans empiéter verticalement au-dessus de la piste règlementaire de 400 mètres.

Seul l’Architecte Taillibert pouvait régler cette énigme avec un Toit rétractable, l’unique Architecte au monde qui construisait de tels Toits dans ses bâtiments sportifs.

La naissance du Toit rétractable et de son Mât

Ainsi naquit en début 1972 cette œuvre gigantesque et unique d’un Toit rétractable d’une superficie de 18,600 mètres carrées (200,000 pieds carrés) – grande comme 3 terrains de football canadien, de forme elliptique comme le Stade, la forme la plus appropriée pour satisfaire nos besoins baseball – football – soccer et piste d’athlétisme.

Pour l’ouvrir et le fermer, il fallait « installer un crochet » dans les airs répondant à des règles de physiques d’équilibre, dans le grand axe du Stade, faisant apparaître son support – le Mât – pour contrebalancer le poids dans la patte arrière bien ancrée dans le roc. La Tour inclinée la plus haute au monde apparut et la fameuse théorie de la précontrainte Freyssinet, maîtrisée par M. Taillibert et son équipe d’Architectes et d’Ingénieurs, rendait sa construction sécuritaire.

Fort de ses expériences passées dans plusieurs de ses centres de natation de moindre grandeur et pouvant compter sur des Ingénieurs et des physiciens chevronnés dont certains disciples de ce fameux Ingénieur français Eugène Freyssinet qui créa la technique de la précontrainte dans les grands ouvrages de béton, l’Architecte Taillibert réalisa les plans de sa création - son Toit rétractable - et s’occupa de la mise au point, des essais laboratoires, de la fabrication des pièces de quincaillerie de cette machine et de la toile de kevlar aussi résistante que l’acier. Cette toile a tenu durant 11 ans, de 1987 à 1998, dans le premier Toit dit Toit Socodec-Lavalin - version Toit Taillibert mal modifiée, avant d’être enlevée pour faire place au Toit capteur de neige actuellement en place. Quant à la quincaillerie, elle fut envoyée à la casse … un pur gaspillage … de l’ordre de $88,5 Millions.

Le dossier technique du Toit original Taillibert existe

Le dossier technique de cette création « Taillibert » existe vraiment, terré dans quelque tiroir de son bureau et empoussiéré sans doute … avec le temps. Il vient de réapparaître avec toutes ses subtilités.

Maladroitement, pour des raisons techniques que je ne peux trouver, sinon que « la politique des amis Ingénieurs non connaisseurs de ces problèmes particuliers », nous n’avons jamais demandé au créateur de l’œuvre de nous donner son cahier des charges, plans et devis d’architecture et de génie pour qu’une Entreprise le construise. Pas une seule fois, quelqu’un au Québec s’est levé pour l’exiger et tous les concours nous ont égarés dans des pistes inutiles, déficientes et coûteuses.

Le Toit : Une composante essentielle de son architecture

Le Toit rétractable Taillibert est une des composantes architecturales du Stade et ne peut en être séparé. Le Stade répond en tous points à la commande de la Ville de Montréal. Qu’en 2012 nous en soyons rendus à nous questionner sur « le quoi faire à l’avenir avec le Parc Olympique » après 35 années de mauvaises gestions ou de destructions, je fais un effort pour comprendre. Mais de là à relier le type de Toit de cette œuvre architecturale à son avenir, là je ne suis pas d’accord. Cela n’a rien à voir. Le Toit rétractable fait partie de ses tripes. Une telle architecture prend sa force, sa pureté dans tous ses éléments et dans leurs moindres détails.

À preuve cette lettre que faisait parvenir l’Architecte René Dumont à son Président de l’Ordre des Architectes du Québec.

M. l’Architecte René Dumont, Bravo.

Dans la dernière revue d’architecture « Esquisses - Hiver 2011 » le Président de l’Ordre des Architectes du Québec répétait en éditorial le discours de la RIO : « Quand nous saurons quel usage nous voulons pour le Stade, nous saurons de quel Toit il a besoin. Pas avant ».

L’Architecte, M. Dumont de Laval réagissait à ces affirmations pour le moins surprenantes que faisait son Président de l’OAQ en lui remettant une lettre datée du 20 décembre 2011.

« Le stade olympique a été conçu conformément au programme de la commande (du client) qui stipulait toutes les exigences des équipements liés aux conditions de l’olympisme, ce qui inclut, à cause de notre climat, le Toit rétractable de ce stade.

Ce Toit est une des composantes intimement liée aux autres composantes. « Architecturalement » ce Toit justifie l’exigence du Mât et souligne le caractère patrimonial de l’événement lui-même, soit : Les Jeux Olympiques de Montréal 1976. … …

Il est peut-être compréhensible que l’on puisse changer la mission du Parc Maisonneuve, mais, pour ce faire, doit-on défigurer le Stade qui, tel que conçu, est une merveille architecturale ??? … …

… comme Architecte, sans déprécier l’œuvre d’un confrère Architecte –étranger- dont le concept répond adéquatement au programme de la commande, comment peut-on aujourd’hui endosser …avec sagesse… cette déclaration : « Quand nous saurons quel usage nous voulons pour le Stade, nous saurons de quel Toit il a besoin. Pas avant. » ???

Voilà … toujours le Stade en pièces détachées !!!

« Quelle pitié que les fous ne puissent parler avec sagesse des folies que font les sages ? » (Shakespeare)

Je dis BRAVO M. l’Architecte Dumont. Une première dans ce dossier ! Vous êtes le premier Architecte du Québec et du Canada qui n’a pas craint de se lever et de dire la Vraie Vérité.

Ne lâchez surtout pas M. Dumont.

Cette œuvre unique au monde mérite l’appui de gens comme vous alors que votre Président de l’OAQ lance n’importe quoi en l’air, comme la pente des gradins du Stade n’est pas assez prononcée ou la RIO devrait faire un concours d’architectes ou il faut être prudent avec le Toit rétractable (sûrement Monsieur, vous n’êtes pas capables de le faire, seul l’Architecte Taillibert en a fait !). Peut-être serait-il mieux que vous remettiez à l’ordre vos Architectes qui se laissent tirer par nos Ingénieurs puissants du régime en place ou qui se prostituent en signant des plans qui détruisent l’œuvre magistrale de M. Taillibert, un édifiant témoignage français en notre terre québécoise. J’aurai un texte pour répondre à ses démarches que je ne partage pas du tout.

Pourquoi M. le Président de l’OAQ ne dénonce-t-il pas la construction de cette aberration qu’est le Planétarium tombé du ciel entre le Stade, son Mât et le Vélodrome. C’est pourtant de l’architecture condamnable dans ce Parc et M. Bourassa est plus que muet là dessus ! Parlez-en à M. Taillibert. Il a bondi sur sa chaise lorsque je lui ai montré des photos d’hier (7 mars 2012) de cette structure construite tout juste au dessus du stationnement souterrain Viau où une dalle vient de tomber.

Planétarium en construction, 7 mars 2012
Cliquez sur la photo pour agrandir
Planétarium en construction, 7 mars 2012
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Le Planétarium et sa structure québécoise dans cette œuvre d’architecture française !?

Planétarium en construction, 7 mars 2012
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Le Planétarium à proximité
du Vélodrome (Biodôme).
Planétarium en construction, 7 mars 2012
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L’œuvre Taillibert … à quelques pieds
de cet amas de fer !? Rien de comparable.

Planétarium en construction, 7 mars 2012
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Une vue du dessous du Planétarium … dans le Stationnement Viau.
Même de loin il semble y avoir des poutres ajoutées au plafond.
Ne s’approche pas qui veut, mais qui peut.

Peut-être devrais-je donner suite à cette suggestion d’un Québécois de -- lancer une pétition pour faire cesser cette construction -- ( Le Planétarium) qui n’a vraiment pas sa place collée sur ce chef d’œuvre ? Où sont les défenseurs de nos œuvres architecturales qui font figure de première dans le monde ? Le Président de l’OAQ devrait en être le premier quant à moi.

Le mot d’ordre au Québec, pas de « maudits » français dans ce dossier.

Depuis les Jeux Olympiques d’été de 1976 et encore aujourd’hui, la xénophobie et la partisannerie aidant, un mot d’ordre plus que révélateur s’est bien ancré dans notre sol québécois, dans les bureaux de la RIO et dans la tête de nos politiciens qui en tirent profit et se gardent en santé, avec comme toile de fond nos grosses firmes d’Ingénieurs.

Avant de compléter le devis technique du Toit rétractable Taillibert, il importe aux vrais connaisseurs de la technique Freyssinet, pionniers de cette création, de vérifier sur place l’état de la structure du Stade et du Mât.

En novembre dernier, un Ingénieur de l’équipe technique Taillibert m’a fait part du désir de son groupe de venir inspecter gratuitement l’état exact de la structure et de la précontrainte du Stade et du Mât. C’est connu. Des voussoirs de tête des consoles du Stade ont fissuré et une partie du Mât fut construite en acier pour soulager le poids total de 6000 tonnes, le bas de la Tour ayant été mal construit avant les Jeux et la poursuite du bétonnage ayant tardé de 1976 à 1981, ce qui est néfaste pour une structure précontrainte.

Depuis 36 ans le mot d’ordre de Québec et de son bras droit - sa RIO –

« Ne laissons pas entrer les français dans le décor, dans le dossier du Stade ».

M. Taillibert l’a appris à ses dépens dernièrement. Il essuya un refus lorsqu’il sollicita la permission d’envoyer son équipe technique gratuitement pour avoir la tête en paix avec son Stade, ne pouvant se fier à des impressions ou des racontars. L’histoire démontre que les rapports de nos Ingénieurs sur la nature exacte des structures, dont la toile, ne pouvaient pas être pris au sérieux. Les tests subséquents ont contredit les conclusions de leurs rapports.


Le non respect des règles d’éthiques

Le respect des règles d’éthiques professionnelles d’architecture n’existe pas au Québec. Nos Ingénieurs sont trop forts et écrasent tout, même les Architectes. … Et à quel prix ? Le rapport Duchesneau nous fournit déjà une piste de réponse à cette situation irrégulière que j’ai vécue dans ce dossier. Quant aux politiciens qui ont foi en eux, c’est de l’à plat ventre.

Ces règles dictent que seul le créateur d’une œuvre architecturale aussi avant-gardiste peut la terminer ou la modifier pour qu’elle garde son caractère unique. C’est encore plus vrai lorsqu’il s’agit d’une œuvre patrimoniale et symbolique. Où sont-ils les défenseurs de notre patrimoine ?

Nos Ingénieurs incapables de faire le design de ce Toit

Les concours pour trouver d‘autres concepteurs, jusqu’à maintenant nos Ingénieurs favoris des régimes politiques en place, sont de fausses avenues, des insultes à cette œuvre et un manque de culture. Leur incapacité et leurs coûts furent pures pertes.

Nos Ingénieurs qui ont chassé l’Architecte Taillibert de son œuvre dès le 12 avril 1974 sont au dossier depuis les Jeux de 1976 ! Un parcours pénible et coûteux.

Le résultat de nos favoritismes en est choquant : 4 Toits furent dans la mire de la RIO, tous conçus par eux et rejetés parce que déficients et inadéquats, et un 5ième en route vers la même conclusion avec un nouveau conducteur, CIMA+, l’associé de SNC-Lavalin dans les énormes travaux de l’échangeur Turcot et dans plusieurs autres contrats, … Lavalin un nom qui me rappelle beaucoup de choses dans cette saga du Toit, signée « cher » RIO.

À ce sujet, le réputé Ingénieur Roger Nicolet de GCI ou NCK, au dossier du Toit du Stade depuis 1981 (30 ans) alors qu’il présentait un projet de Toit avec l’Architecte montréalais Denis Lamarre et qui dirigea le dernier Appel d’offres du Toit de 2004 à septembre 2010 (toujours en cours après 7 ans et 6 mois !?) a reconnu l’incapacité de nos Ingénieurs, dont certains de ses anciens associés, en déclarant à M. Alain Gravel de Radio-Canada dans l’émission Enquête du 7 octobre 2010 http://www.radiocanada.ca/emissions/enquete/2010-2011/Reportage.asp?idDoc=121170 :

« C’est un embarras l’histoire de cette Toiture. Le Toit est un embarras tant pour la RIO que pour la profession (d’Ingénieurs) et la prochaine fois qu’on réalisera un Toit, il faudra être absolument sûr et convaincu que ce sera la bonne. On ne peut plus se permettre d’expérimenter aux frais de l’état, aux frais du contribuable. Nous sommes dans une obligation de succès ».

BRAVO M. l’Ingénieur Nicolet pour votre courage à nous dire les vraies choses.

Le Toit Taillibert

Lors du premier Toit rétractable en place de 1987 à 1998, appelé le Toit Taillibert version mal modifiée, Socodec-Lavalin a fait la preuve que le Toit Taillibert fonctionnait malgré son caractère de première mondiale. Il fut ouvert et fermé plus de 80 fois. Mais cette version modifiée comportait des erreurs que, si elles avaient été corrigées comme l’a recommandé M. Taillibert et son Ingénieur polytechnicien M. Louis Billotey, ce Toit coifferait encore le Stade.

D’un poids minime de 200 à 300 tonnes, la toile elle-même ne pesant que 41 tonnes, le Toit Taillibert n’apporte pas de surcharges aux consoles du Stade et le Mât peut le soutenir amplement, lui qui soutient actuellement plusieurs milliers de tonnes.

Qui le dénoncera cette mauvaise gestion ?

Pas de « maudits » français dans ce dossier, pas de respect des règles d’éthiques, pas de reconnaissance du Toit comme partie essentielle de l’œuvre architecturale, incapacité de nos Ingénieurs, … qui sera imputable d’autant de gestions partisanes ?

Mme Lise Bissonnette, Présidente du Comité-conseil sur l’avenir du Parc Olympique, Merci,

M. Gérald Tremblay, Maire de la Ville de Montréal, Merci,

Vos rapports concluent à un Stade à vocation sportive et à son Toit rétractable, … ce que je clame, écris et dénonce depuis trois ans. Nous sommes maintenant TROIS à le demander.

Se peut-il que nous devrions faire autant de consultations et mobiliser autant de ressources pour reconnaître enfin l’ÉVIDENCE MÊME ?

Un grand Stade signifie « vocation sportive » et un Stade Olympique
utilisable 12 mois par année au Québec signifie « Toit rétractable ».

J’oubliais « pour le Toit, le loup est encore dans la bergerie » !

Quant à M. Heurtel, les « colleux » sont à ses trousses et les politiciens qui ont mené ce projet à sa perte sont encore les patrons décideurs.

Alors Québécois à quand le réveil ?

Claude Phaneuf, B.A., B.Sc.A.
Un des trois pionniers concepteurs du Parc Olympique et du Stade.
Membre de l'OIQ de 1962 à octobre 2006.
Ce jeudi 8 mars 2012

À venir ces textes sur le « « « Derrière les rideaux » » » :

*** Beaucoup plus que l’effondrement d’un paralume ou d’une dalle de béton.
        Nos omnipuissants Ingénieurs et Infrastructure Québec.
*** Le Planétarium un projet à stopper
        … qui n’a pas sa place dans le Parc Olympique.
*** M. David Heurtel, PDG de la RIO depuis juin 2011, dois-je vous faire confiance ?
        Vous êtes en mode vente et … votre entourage ?
*** La Commission Charbonneau doit enquêter le Toit du Stade.
*** Le Comité-conseil de Mme Bissonnette serait-il piégé ?
*** Ma recommandation et j’en suis fier :
         « Mon Parc Olympique de l’avenir –
         Une parcelle de la culture française bien implantée à Montréal »
*** Un appel à tous : Qui se terre derrière ces nominations – CIMA+, M. Heurtel, … ?
        Notre Premier Ministre le connaît-il ? En est-il au courant ?







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