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LES FRÈRES BEAUDRY, COPROPRIÉTAIRES DES EXPOS

L’équipe active se résumait à Messieurs Drapeau, Pierre M. Charbonneau et moi de mars à septembre 1971. Sentant que de grandes choses allaient se passer, les Jeux Olympiques étant grandioses, je rassemblai tous les documents, revues, plans et notes prises durant mon voyage et j’étudiai minutieusement leur contenu. Je voulais être prêt pour la suite. M. Drapeau était exigeant et ne supportait pas la médiocrité. Ses réalisations le démontrent bien quoiqu’en disent les jaloux ou ceux qui en profiteront sur son dos. J’ai appris à le connaître et lui de son côté, était fier de mon intérêt immédiat et de mes recommandations pertinentes.

Dans le jour, je continuais à travailler sur les projets usuels de ma division des Améliorations locales et le soir, la nuit et les fins de semaine, je travaillais sur notre Stade.

Je ne perds pas de temps et je me mets à la collecte d’informations pour le baseball qui allait devenir une priorité dans la conception du Stade. Je m’adressai aux frères Beaudry que j’avais côtoyés lors de la construction du Stade Jarry, premier Stade des Expos, pour obtenir les « Dope book » des stades américains, ces petits livres dédiés aux journalistes d’une valeur inestimable à mes yeux lorsque consultés adéquatement. Leurs renseignements étaient subtils, mais combien révélateurs pour la conception d’un nouveau stade et sa rentabilité.

Paul et Charlemagne Beaudry, quels bons amis ! Je ne peux passer sous silence leur apport soutenu. Ces deux bons canadiens-français copropriétaires des Expos, qui avaient réussi dans la construction venaient constater la progression des travaux au stade Jarry à tous les matins. Ils en avaient le mandat de leurs associés.

Les frères Beaudry
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Ces travailleurs chevronnés m’ont appris un tas de trucs. Nous faisions le grand tour du projet à chaque matin et nous discutions des étapes à venir. Quoi prévoir d’avance ? Où regarder ? Découvrir les priorités avant les autres. Car, un patron précède toujours ses employés. Il prévoit, il fixe les objectifs, il établit les manières de faire, il évite les écueils, il trace les chemins à suivre. Il est la sécurité pour ses employés. Il a leur confiance. Un patron doit être connaissant, travailleur, à l’écoute de ses employés et conseiller. La recette de la réussite de toute entreprise est là ; je l’ai compris rapidement.

Paul Beaudry était surnommé le bras droit de Jean Drapeau parce qu’ils étaient dans la même classe sur les bancs de l’école Sainte-Philomène dans le quartier Rosemont. M. Paul se plaisait à me conter que dans ce temps-là à toutes les semaines, les élèves récitaient leurs leçons debout en face de la tribune de la maîtresse. Comme il était le dernier et Jean Drapeau le premier, ils étaient presque l’un à côté de l’autre, mais aux deux extrémités, ce qui lui faisait dire à M. Drapeau : « Tu vois, je suis ton bras droit. Tu as toujours besoin d’un bras droit dans la vie ». M. Paul a rappelé cette anecdote à M. Drapeau lorsque celui-ci lui a demandé de se joindre aux actionnaires des Expos à l’origine. Sans le savoir, j’étais donc bien « surveillé » et mes exploits ou déboires étaient vite racontés au bureau du Maire. Je n’avais pas besoin de lui dire l’état d’avancement des travaux au Parc Jarry, ni mon travail de tous les jours ; il le savait.

Claude Phaneuf, B.A., B.Sc.A.
Un des trois pionniers concepteurs du Parc Olympique et du Stade.
Membre de l'OIQ de 1962 à octobre 2006.
Mai 2010







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