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LE MÂT SOUTIEN DE LA TOITURE MOBILE :
UNE NÉCESSITÉ OU UNE RÊVERIE DU MAIRE ?

Combien de fois a-t-on tenté de me faire dire que M. Drapeau avait demandé le Mât pour réaliser son rêve d’avoir « sa Tour » pour Montréal ? Toute cette polémique provenait de la Tour Paris-Montréal de l’Expo 67 qui ne s’est jamais matérialisée. Plusieurs journalistes écrivaient : « M. Drapeau veut faire oublier sa tour d’Expo 67 avec ce Mât ».

En 1978, les recherchistes de la Commission Malouf ont fait des pieds et des mains pour trouver des écrits ou des affirmations qui auraient pu contredire M. Drapeau qui avait affirmé n’avoir jamais demandé le Mât. Le Procureur de la Commission m’a habilement questionné là-dessus lors de mon témoignage du mardi 12 septembre 1978. J’avais écrit à la main dans notre bouquin Programme du Stade, version septembre 1971 : « Toile de protection selon le choix de la toiture. Une étude pourra être faite quant à l’installation d’une toile de protection du champ intérieur. Cette toile pourrait fonctionner de façon automatique ». Le procureur avait vu cette note et croyait avoir découvert le pot aux roses. Il ne s’agissait pas de la Toiture mobile du Stade, mais de la toile que nous étendons sur le champ intérieur au baseball lorsqu’il se met à pleuvoir subitement. C’était chercher en vain et M. Drapeau avait dit la Vérité.

Le Mât, point de repère du Parc Olympique, a la fonction première de supporter le Toit mobile. C’est beaucoup plus encore. C’est de fait un gratte-ciel tripode haut de quelques 170 mètres (558 pieds) et incliné à 60°, avec au haut du Mât un observatoire, une salle de cocktail et une salle de réception.

Les critères qui ont amené le Mât incliné et sa position dans le projet

1ère donnée.- Pour les Jeux, la toiture ne devait en aucun temps déborder au-dessus de la piste d’athlétisme de 400 mètres, laissant un trou béant d’au moins 304 pieds de largeur par 580 pieds de longueur (94m x 179m).

Le Mât incliné du Stade
Le Mât incliné du Stade
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2ième donnée.- Nos Expos, le principal locataire du Stade après les Jeux, jouaient 82 parties par année à Montréal, excluant les parties d’avant saison et les exhibitions possibles durant le camp d’entraînement en hiver. Son actionnaire majoritaire, M. Charles Bronfman, avait déclaré ouvertement son souhait « que notre Stade soit couvert à cause du mauvais temps en début et fin de saison, mais découvert lors des belles journées de l’été ».

3ième donnée.- Une toiture mobile exige un point support au-dessus d’elle (un crochet quoi!), à un endroit précis dans les airs, mais la base de ce crochet doit se situer en dehors de l’aire de Jeux sans déranger la visibilité des spectateurs. Sa localisation n’est pas un effet du hasard et répond à des critères architecturaux, d’où sa fixation au sol dans le grand axe du Stade sur trois points d’appui, « les pattes du Mât ».

4ième donnée.- Dès que l’emplacement précis de ce point support est connu, il faut l’ancrer au sol à l’extérieur du Stade pour ne pas gêner la visibilité de l’aire des compétitions tout en tenant compte de la grande superficie à couvrir.

Il fallait concevoir un Toit pouvant s’ouvrir et se fermer à cause de ces pré-requis. Dans les années 70, il n’y avait qu’un seul architecte au monde qui pouvait répondre à cette exigence, M. Roger Taillibert parce qu’en 1971 il n’y avait que lui qui réalisait de tels toits légers et rétractables sur des centres de natation. Pour la piscine de Carnot à Paris que j’ai visité en mars 1971, il installa une membrane translucide en polyester armé beaucoup plus petite que celle du Stade et ce toit fonctionnait depuis plusieurs années. Montréal avait réussi un coup de maître en l’engageant.

Projet Juin 1971.  Vue de plan – Toit ouvrant
Projet Juin 1971. Vue de plan – Toit ouvrant
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C’est de ces critères qu’apparut tout naturellement dans le grand axe du Stade le Mât incliné avec son « crochet » pour supporter le Toit mobile … en autant que vous puissiez le calculer et exécuter les plans et devis de sa construction. M. Taillibert ne rata pas l’opportunité de prévoir un observatoire et un restaurant tout en haut et, puisque nous sommes dans un parc de sports, plusieurs étages pour des sports de salle, conventions et autres. Combien de villes qui se veulent internationales sont identifiées par « leur Tour » ? Montréal n’y échappe pas et son Mât qui coiffe nos Piscines olympiques est devenu le Symbole de Montréal.

Mon projet de juin 1971 montrait déjà un Toit ouvrant sans Mât comme M. Bronfman des Expos l’avait exprimé publiquement.

Claude Phaneuf, B.A., B.Sc.A.
Un des trois pionniers concepteurs du Parc Olympique et du Stade.
Membre de l'OIQ de 1962 à octobre 2006.
Mai 2010







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