Les textes

K02 - Notre échéancier des études et travaux
K22 - L’Université de la technique a servi à quoi ?
K26 - Pourquoi la préfabrication ? Pourquoi les français ?
K28 - Le Vélodrome est terminé... Le COJO prend possession du Stade
K29 - Des études - Des mandats - L’omniprésence d’ingénieurs, de firmes d’ingénieurs
K30 - Les Expos vantent notre Stade et partent
K31 - La RIO contrôle l’information, trompe l’Histoire et joue à la chaise musicale
K.51 La grande tromperie
K.52 À l’Entreprise Charles Duranceau – Chapeau
K.53 À l’entreprise Schokbéton - Chapeau
K.54 Lavalin, le puissant
K.55 Le rôle des partis politiques
K.56 Les Québécois se souviennent
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LA FARCE DU DÉMÉNAGEMENT DE L’AUTOSTADE

Vers la fin de l’année 1974, la construction du Stade était peu avancée. Depuis huit (8) mois, le mandataire-coordonnateur et le gérant des travaux ne parvenaient pas à accélérer les travaux sur le site. Les responsables des constructions du Comité Organisateur des Jeux Olympiques de Montréal (COJO) craignaient que le Stade ne soit pas prêt à temps pour les Jeux de 1976. La nouvelle s’est répandue que ce serait pertinent de regarder de près s’il n’était pas préférable de déménager l’ancien Stade des Alouettes situé près d’Habitat 67 le long de l’autoroute 20 « L’Autostade ». Cette idée farfelue consistait à démonter cet ancien stade pour le remonter en remplacement de notre Stade Olympique de 70,000 places dans le Parc Olympique.

Photo aérienne du Stade – 29 Novembre 1974
Photo aérienne du Stade – 29 Novembre 1974
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Je n’ai jamais compris le pourquoi d’une telle aventure sans issue, si ce n’était que pour dépenser des honoraires inutilement. Mais Québec (M. Robert Bourassa) nous avait demandé de vérifier ce projet attentivement avant de suspendre sa Commission parlementaire de Janvier 1975.

M. Drapeau me chargea de cette demande sans autres directives. Ayant une bonne connaissance des études de conception d’un grand Stade, j’en avais étudié trois (3) et dépensé des milliers d’heures à régler les problèmes qu’un tel Stade implique, j’étais très à l’aise de remplir cette responsabilité que M. Drapeau me confiait. J’avais vite compris que leur affaire n’avait pas de sens. Mais comment les choses allaient-elles se passer, en présence de témoins de Québec, puisque ces « Experts, Architectes et Ingénieurs » avaient déjà fait leur nid et annoncé à Québec leur projet ? Ils ne pouvaient plus reculer.

Tous les intervenants se réunirent à mes bureaux dans les semaines qui suivirent, Architectes, Ingénieurs, Membres du COJO et du CCJO. et un Architecte de ma Division. Ils étaient tous assis autour de la table lorsque je commençai la réunion. J’avais à ma gauche Yvon C. Dupuis, ingénieur, Président de l’Ordre des Ingénieurs du Québec faisant partie du bureau d’Ingénieurs que j’avais rencontré à plusieurs reprises pour garder une bonne relation avec notre Ordre et à ma droite l’Architecte de notre Division avec la consigne d’attendre le déroulement de la réunion avant d’intervenir s’il le jugeait à propos.

Après avoir salué tout ce bon monde, j’attaquai le problème de front. J’affirmai que, dans un tel bâtiment, l’élément le plus important était la bonne visibilité des spectateurs sur la piste d’athlétisme, la discipline majeure dans le stade. Sans doute les architectes avaient dû étudier les pentes des gradins de l’Autostade pour vérifier si ces gradins permettraient une bonne visibilité de la piste de 400 mètres. Je déposai sur la table le plan des sièges du premier balcon du Stade devant lesquels la piste était dessinée. Pour que leur projet fût sérieux, les Architectes conseils avaient bien dû vérifier la visibilité à l’endroit le plus critique du Stade, soit l’endroit où le spectateur de la 1ère rangée du bâtiment fixe était le plus près de la piste. Je leur demandai de m’indiquer quel était cet endroit où ils avaient vérifié leur ligne de visibilité critique. Sans hésiter, ils montrèrent la ligne dans le grand axe du Stade, une ligne séparant le Stade en deux, dans l’axe du marbre - deuxième but - champ centre.

Malheureusement pour eux, ce n’était pas le bon endroit puisque la ligne critique se situait dans les deux 45 degrés par rapport au grand axe du Stade. Une fois identifiée sur les plans, cette ligne critique fit l’unanimité. Tous les participants comprirent alors que les gradins de l’Autostade n’étaient pas adéquats et que ce projet n’avait rien de fondé. Et comment faire pour augmenter le nombre de places de quelques 25 000 à 70 000 ? Comme la multiplication des pains de l’Évangile, peut-être !

Et tout de suite de s’excuser pour un rendez-vous d’affaire, notre Président de l’Ordre des Ingénieurs du Québec quitta l’assemblée. Le tout avait duré 10 minutes. Pendant 45 minutes, nous avons cherché la manière de retourner à Québec, en Commission parlementaire, pour dire au Gouvernement que le projet de l’Autostade ne pouvait fonctionner sans que les Architectes et Ingénieurs impliqués en perdent leur crédibilité. Nous avons invoqué les coûts élevés que cette aventure nécessiterait.

Claude Phaneuf, B.A., B.Sc.A.
Un des trois pionniers concepteurs du Parc Olympique et du Stade.
Membre de l'OIQ de 1962 à octobre 2006.
Mai 2010







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