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LE 3ième TOIT « BIRDAIR » (1999 - 2009…)

Le Toit Birdair met fin radicalement à la toiture mobile de l’architecte Taillibert. Nous assistons à la consécration de l’impuissance de la RIO à réaliser l’aspect spectaculaire du Stade, son Toit Mobile. En agissant ainsi, la RIO faisait fi de plusieurs avis présentés sous forme de notes techniques d’ingénieurs très connaisseurs de cette structure de l’équipe Taillibert et ne tenait pas compte que le Toit Socodec-Lavalin avec l’aide de l’équipe Taillibert pouvait être corrigé et viable en permanence. Contrairement aux dires des ingénieurs, la toile était toujours d’excellente qualité en 1998 ! Que de centaines de millions de dollars auraient été épargnés. Pour lire quelques-unes de ces notes, cliquez ici.

En septembre 1996, la RIO (Parti Québécois récemment élu) demande à deux consortiums, l’un mené par SNC-Lavalin/Nicolet, Chartrand, Knoll, quasiment les mêmes reviennent, mais unis cette fois !) et l’autre par la compagnie Birdair/ RSW/Nadeau, de lui soumettre un projet définitif de toit fixe et souple (moins pesant que celui d’acier qui venait d’être annulé), afin que de coiffer le Stade de sa nouvelle structure dès la fin de 1998, à un coût ne dépassant pas $35 Millions.

En mai 1997, la RIO (André Tétrault, son nouveau président) recommande le concept Birdair au coût de $37 Millions, même si celui de SNC-Lavalin/NCK est légèrement moins cher ($36,5 Millions). Birdair propose un toit fixe constitué d’un maillage de câbles recouverts d’une toile tissée de fibre de verre et enduite de teflon. La durée de vie de la toile sera de 25 ans.

En juillet 1997, le ministre Serge Ménard (un nouveau encore, c’est le 9ième !) annonce que le concept de Birdair a été retenu. «Nous avons vécu tellement d’expériences avec le Stade que nous avons décidé de faire appel à un produit et à un concept qui ont fait leurs preuves», dit-il. Les travaux devront être terminés le 31 décembre 1998.

Mais, Socodec, filiale de Lavalin, a fait la preuve que le Toit «Taillibert» fonctionnait, puisqu’il n’y a plus eu de problèmes de 1991 à 1998, après que Socodec eut corrigé partiellement les erreurs de son toit.

Le système structural principal du Toit Birdair

Ce système modifiait les principes de base de la conception Taillibert. Il s’agissait d’une résille de câbles formée de mailles ou facettes, maintenue tendue et en pleine extension vers le haut et entre ses points d’ancrages périphériques, grâce aux 26 câbles du Mât qui tirent vers le haut tous les nodes ou points de jonction des éléments câblés de la résille pour lui donner un aspect de voute. Au lieu d’une toile cousue de quelques 200,000 pieds carrés (18,600 m ca), nous retrouvons 85 voutes de forme triangulaires à l’exception de quelques-unes conçues pour supporter les charges de neige et constituant l’ossature de soutien de tous les assemblages secondaires. Une toile d’araignée suspendue par ses nodes ! Son poids environ 3,000 tonnes (à vérifier). Ce système fut imaginé et aurait été présenté à la RIO le 4 novembre 1992 par M. Pierre Jutras. Le Toit Birdair reprenait ce principe.

Cette voute devient une voute câblée dont tous les éléments sont en tension, non extensible mais dotée d’une certaine flexibilité permettant certains mouvements sous l’influence des agents atmosphériques, sans s’endommager ou affecter sa performance structurale.

Stade et Mât – Vue aérienne
Stade et Mât – Vue aérienne
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Toit Birdair
Toit Birdair
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Le Toit Birdair – Réfléchissons pour une fois sur ces faits

L’aventure de la construction du Toit Birdair débuta le 6 avril 1998 pour le démantèlement du Toit Socodec-Lavalin. Ce 6 avril 1998, 26 ans jour pour jour après l’annonce officielle du projet Stade-Mât-Piscines, s’enclenchait la descente de la toile «à l’intérieur orange», comme l’écrivait le journaliste Jean-Maurice Duddin ce 6 avril 1998 dans le Journal de Montréal. $88,5 Millions des $147,42 Millions jetés à la poubelle, plus les $ Millions pour enlever le Toit Socodec, quelle gestion de fonds publics !

Quelqu’un nous aurait dit en 1972, que nous ne demanderions jamais en 34 ans à l’Architecte Taillibert de faire les plans de construction de son Toit mobile et de voir à sa construction, tout comme la Ville, ma Division du Parc olympique et M. Taillibert ont fait avec le Toit du Vélodrome, la structure la plus compliquée à jamais être faite qui tient toujours. Nous l’aurions sûrement rabroué.

Quelqu’un nous aurait dit que le Toit Socodec causait des problèmes depuis au moins 3 ans et demi, lorsqu’en 1991 la RIO a annoncé qu’elle allait le démolir, après s’être empressée de tout le payer à l’entreprise. Nous ne l’aurions pas cru.

«Le bout de la fin», le Toit Birdair déchire

Tout était pratiquement prêt pour le Salon de l’auto lorsqu’une bonne quantité de neige et de glace défonça le Toit Birdair vers 15,30 heures lundi, 18 janvier 1999. «J’ai entendu un bruit énorme. Avant de réaliser ce qui se passait, j’ai été happée par la neige et transportée 25 mètres (81 pieds) plus loin. J’ai senti la neige toucher ma tête et mon estomac», a raconté Madame Griffin, adjointe aux relations publiques d’une des compagnies exposantes.

Ce n’était pas banal et les médias d’information en ont largement fait la manchette durant plusieurs jours. Eh oui ! Notre renommée en prenait tout un coup, plus que nous l’imaginions.

Tout incident, quel qu’il fut, était étudié minutieusement par la RIO et son habile Service des Relations publiques. Dans chaque cas, le pour et le contre étaient considérés pour décider de l’action à prendre. Quel ne fut pas mon étonnement lorsque j’appris cette méthode de fonctionner ? Nous nous penserions en politique où la faveur populaire trace le chemin de plusieurs décisions marquantes de notre histoire. Lorsqu’il s’agit de problèmes techniques de nature de ceux du Stade, bien amplifiés depuis le début de cette aventure pour justifier des dépenses qui n’auraient jamais dû être faites, la politique devrait se tenir à l’écart et exiger des résultats positifs concrets, au lieu de mettre en place des amis dans des compétences qu'ils n'ont pas.

La conférence de presse

La RIO ne changea pas ses procédures de contrôle de l’information. La panique s’installait à bord. Le premier objectif •• Contrôler les déclarations ••. C’était gênant d’entendre les tenants de la conférence de presse tenue dans les bureaux de la RIO après cette déchirure. L’Avocat de Birdair en tête y allait de déclarations qui ne voulaient rien dire, puisque les réclamations allaient suivre et chacun ne voulait pas donner de munitions aux réclamants.

J’étais présent à cette conférence. J’ai posé deux questions.

1) Quelle est la résistance de la toile de Birdair ? Le président de la RIO demanda à son ingénieur chargé de la construction, M. Michel Brissette, de répondre. Et celui-ci d’enchaîner, je ne le sais pas. Mon commentaire ne tarda pas : «C’est inconcevable qu’après toutes les négociations pour octroyer ce contrat à Birdair que vous ne connaissiez pas la résistance de la toile».

2) Quel le poids de la toiture de Birdair ? Même réponse de M. Brissette. Je ne le sais pas. De quoi faire réfléchir !

La toile Birdair a déchiré plusieurs fois durant sa pose. Elle fut cousue à maintes reprises. Deux travailleurs ont «passé au travers» en installant les panneaux. Le samedi, 23 janvier 1999, La Presse titre son journal comme suit : «La toile est de qualité No2. En négociant à rabais le contrat avec Birdair, la RIO a accepté une toile de moindre qualité».

Ici, ce n’était pas M. Drapeau, ni l’Architecte Taillibert qui étaient en cause. Sinon, rien n’aurait suivi cette accusation. La RIO était en cause, toute seule. Les choses n’allaient rester là.

Le dimanche, 24 janvier 1999, nous pouvions lire dans le Journal de Montréal, à la page 6 : «Et la RIO a rejeté les allégations de certains médias montréalais voulant qu’elle ait négocié à rabais le contrat du nouveau toit, préférant une toile de moindre qualité». «Au moment de la négociation du contrat avec Birdair/RSW, la RIO n’a en aucun temps diminué les exigences techniques de résistance et de sécurité de la toile de fibre de verre», a fait savoir Brigitte Tremblay, conseillère en relations publiques de la RIO, par voie de communiqué, non pas un communiqué d’ingénieurs.

En 24 heures, la RIO avait nié. Mais elle avait payé quand même les $37 Millions du contrat pour un Toit déficient !

La Vraie solution était pourtant simple, je me répète, c’est ma recommandation

Le Toit Mobile par son Architecte concepteur, comme nous avons agi pour construire le Toit du Vélodrome. Pour voir mes recommandations, cliquez ici.

Il est plus que temps que les politiciens mettent leurs culottes et qu’ils cessent leur petite politique aux amis. Pour une fois, que nous, québécois, nous nous comportions en gens civilisés et que nous exigions de nos élus politiciens «Qu’ils reviennent à ce que nous aurions dû faire dès le début •• Que Taillibert et son équipe fassent la partie technique de son Toit mobile •• et qu’une compagnie locale le réalise sous la supervision de ces architecte et ingénieurs, pas d’autres».

Cet article sur le Toit Birdair m’incite à parler d’omniprésence

En 1974, notre mandataire-coordonnateur fut la firme LVLV (Lalonde, Valois, Lamarre, Valois & Associés Inc.). Le premier Toit mobile de 1985 fut de Socodec-Lavalin. Le 22 août 1995, NCK (Nicolet, Chartrand, Knoll) obtint le mandat de déterminer l’espérance de vie de la toile de kevlar, d’examiner l’accastillage et les câbles de la toiture et de concevoir une instrumentation de surveillance du Toit. Quelques jours plus tard, le 14 septembre, SNC-Lavalin reçut le mandat d’analyser le rapport de NCK sur «l’évaluation probabiliste du risque d’une rupture d’une de ses composantes de la toiture».

En novembre 2004, la firme GCI où travaille M. Nicolet s’est vu confier le mandat de faire l’appel d’offres pour un nouveau Toit et l’étude du soumissionnaire à lui recommander dans un contrat du type «Partenariat-Public-Privé (PPP)». GCI a recommandé à la RIO le projet d’un Toit d’acier proposé par SNC-Lavalin. Depuis cette recommandation, la RIO ne jure que par ce Toit même s’il est tout à fait inapproprié ! En résumé, aujourd’hui la RIO a deux groupes d’ingénieurs qui travaillent sur le prochain Toit d’acier, l’un fait l’appel d’offres au nom de la RIO et l’autre reçoit le contrat. En août 1995, c’était l’inverse. Le groupe qui aujourd’hui reçoit le contrat, recevait le mandat de vérifier le rapport sur la longévité de la Toile de celui qui aujourd’hui fait l’appel d’offres !!! Une cuisine digne de grands chefs ? Les documents du premier appel d’offres indiquent en page 4 que la RIO a engagé GCI en tant que Gérant de projet de l’appel d’offres en cours et que GCI faisait appel comme sous-traitant pour l’encadrement structure la firme NCK. GCI a recommandé à la RIO d’octroyer le contrat du nouveau Toit SNC-Lavalin.

Le mot «Omniprésence» définit la manière d’agir de la RIO depuis 33 ans. Devrions-nous être étonnés du résultat ?

Claude Phaneuf, B.A., B.Sc.A.
Un des trois pionniers concepteurs du Parc Olympique et du Stade.
Membre de l'OIQ de 1962 à octobre 2006.
Mai 2010. Révisé octobre 2010.







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