Les textes

K02 - Notre échéancier des études et travaux
K22 - L’Université de la technique a servi à quoi ?
K26 - Pourquoi la préfabrication ? Pourquoi les français ?
K28 - Le Vélodrome est terminé... Le COJO prend possession du Stade
K29 - Des études - Des mandats - L’omniprésence d’ingénieurs, de firmes d’ingénieurs
K30 - Les Expos vantent notre Stade et partent
K31 - La RIO contrôle l’information, trompe l’Histoire et joue à la chaise musicale
K.51 La grande tromperie
K.52 À l’Entreprise Charles Duranceau – Chapeau
K.53 À l’entreprise Schokbéton - Chapeau
K.54 Lavalin, le puissant
K.55 Le rôle des partis politiques
K.56 Les Québécois se souviennent
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sont à venir

QUÉBEC ET SA 1ère COMMISSION PARLEMENTAIRE DE JANVIER 1975

Vers la fin de l’année 1974, le Gouvernement du Québec déçu et inquiet, était préoccupé par les retards dans la construction, le projet proposé par le COJO de déménager « l’Autostade » pour remplacer le Stade Olympique et le nouveau budget « gonflé » établi par un de leurs favoris, LVLV-Lavalin, … un favori que la politique gardera omniprésent jusqu’en 2010.

Québec profita de ce climat de désarroi pour convoquer une Commission parlementaire en janvier 1975 et pour forcer M. Drapeau à venir expliquer publiquement le déroulement de ses projets du Parc Olympique depuis leur annonce d’avril 1972. Le Gouvernement du Québec voulait en avoir le cœur net avec les rumeurs qui circulaient à l’effet que le COJO recommandait avec insistance de stopper la construction du Stade et de déménager l’ancienne demeure de nos Alouettes près d’Habitat 67 « l’Autostade » dans le Parc olympique. Le coût total annoncé par LVLV dépassait largement les dires de M. Drapeau.

Québec, mettez au pas les unions ! Sinon, … pas de Jeux.

Notre réflexion sérieuse quant aux questions « problèmes » et aux sujets d’actualité et une préparation minutieuse nous ont conduits aux réponses appropriées pour chacun d’eux avec dossiers et photos en couleur à l’appui. Qui ne se rappelle pas que M. Drapeau arriva à Québec avec ses nombreuses boîtes de documents ?

Nous (Montréal et M. Drapeau) avions la chance de nous faire entendre par Québec et surtout nous voulions soumettre publiquement nos demandes quant aux relations de travail qui n’étaient pas de juridiction municipale, mais provinciale et qui menaçaient la tenue des Jeux. Seul, le Gouvernement du Québec pouvait mettre au pas les unions.

Prenons notre expérience du Vélodrome. Québec accusait Montréal de dépasser les prévisions budgétaires et de ne pas avoir pu tenir les Championnats mondiaux de cyclisme 1974 dans le Vélodrome. Déjà 14 mois de construction s’étaient écoulés dans ce projet, dont 8 mois inclus dans ce 14 mois où ce ne fut que grèves, arrêts de travail, vandalisme, et autres actes criminels. Sans nous tromper, nous pouvions affirmer que nous avions pu travailler durant 6 mois seulement de travail continu. Une telle situation avait fait doubler les coûts réels du Vélodrome. Je n’oublie pas la complexité de ce Toit et la consolidation du sol des fondations à ses quatre points d’appui, mais les dépassements venaient en grande partie de ces sabotages. Après de tels méfaits, allons parler de prévisions justes et équitables. C’est là que les budgets n’ont plus de sens.

Un message clair et insistant : Québec, réglez les troubles ouvriers !

La Ville de Montréal n’avait aucune juridiction pour régler les relations de travail. C’était la responsabilité exclusive du Gouvernement provincial. Nous profitions de cette Commission parlementaire pour aller dire au Gouvernement du Québec et à M. Robert Bourassa, Premier ministre, de régler ces relations de travail avec les unions, compte tenu de nos troubles dans le Vélodrome, sinon le résultat des autres constructions dont le grand Stade serait désastreux tant sur le plan financier que sur les travaux.

Le budget à la hausse, … parsemé d’erreurs

Le mandataire-coordonnateur, LVLV-Lavalin, avait terminé de réviser le budget des constructions du Parc olympique. Étant en pays de connaissance avec les gens de Québec, à notre insu LVLV s’était empressé de mentionner son nouveau montant du budget aux membres de la Commission. LVLV eut la délicatesse d’écrire au début de son rapport que les prévisions budgétaires originales de la Ville étaient correctes. Bravo pour nous. Nous obtînmes une copie du nouveau budget durant les audiences de la Commission. M. Drapeau me demanda de faire vérifier ce budget par notre équipe de la DPO dès mon retour à Montréal, où nous avons trouvé des erreurs de $105 Millions en surplus. Voir le texte : « Le Mandataire révise notre budget », cliquez ici.

Les audiences de la Commission … …

… … progressèrent rapidement. Les députés questionnaient les intervenants assis en face d’eux. Le CCJO avait préparé soigneusement les questions. Québec connaissait d’avance les réponses. Cette Commission devenait l’occasion de mieux renseigner la population, tout en faisant la lumière sur les travaux qui tardaient et le problème du déménagement de l’Autostade.

Je me limite à citer deux exemples révélateurs. Un Député du Gouvernement, assis tout juste devant moi, me montrait sa prochaine question et vu ma connaissance du dossier, me demandait si la question était correcte et de lui indiquer quand la poser.

Après avoir témoigné, il m’arrivait de me diriger dans un bureau attenant, en arrière des membres de la Commission, où se trouvaient les fonctionnaires du CCJO qui voyaient à refiler en avant les questions suivantes. À un moment donné, un député demandait à un responsable du COJO combien de gens étaient appointés à une opération précise (de mémoire de 50 à 55 personnes). Le COJO répondait un mauvais chiffre (une quinzaine, peut-être 18). Et le député reprenait sa question avec plus d’explications pour que le COJO rectifie sa réponse. Ce ne fut pas corrigé.

Et tout d’un coup, Monsieur Bourassa de se lever de son siège et d’apparaître dans notre local. Constatant ma présence parmi ses gens, il me salua et jeta à la poubelle une pile de papiers, puis disparut. Un type du CCJO récupéra les papiers et lut les directives du chef qui voulait qu’un de ses députés pose la question écrite « dans la poubelle ». Une note parvint à ce député qui posa la dite question.

Le déménagement de l’Autostade

Après avoir entendu les intervenants du COJO, les gens de la Commission suspendirent les travaux en demandant à M. Drapeau d’étudier attentivement cette proposition avec les Architectes et Ingénieurs engagés par le COJO, en présence de témoins de Québec (les fonctionnaires du CCJO) et de revenir à Québec quelques semaines plus tard leur faire rapport. Je crois qu’ils doutaient eux aussi du bien fondé de cette aventure, mais puisque tout était public, cette vérification par des experts s’avérait inévitable. Pour voir ce texte : « La farce de l’Autostade », cliquez ici.

En conclusion, … …

… … Ce fut le retour à nos bureaux de Montréal où les travaux continuèrent tels que conçus, sans amputations et sans « Autostade ». Ne soyons pas surpris. « Rien ne changea dans les relations de travail et le chantier empira, … mal dirigé et mal contrôlé par LVLV-Lavalin et DD » au point que M. Bourassa dut créer la RIO 10 mois plus tard, suite aux demandes répétées de M. Drapeau.

Claude Phaneuf, B.A., B.Sc.A.
Un des trois pionniers concepteurs du Parc Olympique et du Stade.
Membre de l'OIQ de 1962 à octobre 2006.
Ce 12 juillet 2010







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