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L’ANNONCE OFFICIELLE, LE 6 AVRIL 1972

Les projets du Parc Olympique sont lancés ! C’est jour de fête. Nous sortons publics.

Jeudi, le 6 avril 1972, c’était le grand départ public. Finies les cachettes ! Jusqu’à cette journée, tout se réalisait dans le plus grand secret. C’était la consigne et aussi la meilleure manière de procéder pour des projets les plus complets possibles. L’équipe était restreinte, mais coriace. Ici à Montréal, tout comme à Paris, il ne se terminait pas une seule journée sans que les études et les plans n’aient progressés de façon significative.

Maquette du Stade Olympique de Montréal présentée le 6 avril 1972
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Ce 6 avril allait être pour nous une arrivée et un départ. Une soirée à savourer puisque nous étions tous fiers de notre Complexe, un chef d’oeuvre consacré par les journalistes du monde entier dans tous leurs écrits du lendemain.

Le film au Centre Maisonneuve.- Ce jeudi soir, au Centre Maisonneuve de la rue Viau, un peu au sud de la rue Sherbrooke, quelques 2 000 dignitaires et invités visionnèrent un film d’une heure tourné dans les bureaux de l’Architecte parisien par un excellent réalisateur de Radio-Canada, M. André Morin. La 1ère partie du film traite de « l’olympisme » et la 2ième révèle petit à petit ce chef d’œuvre auquel j’étais fier d’être associé.

Tous les plans des bâtiments étaient montrés en couleur, y compris les aménagements de terrain et les étages du Mât. De la mi-décembre 1971 au début avril 1972, en trois mois et demi, tous les plans préliminaires et le film avaient été complétés par une petite équipe de l’Architecte. L’étape suivante consistait à faire les plans et devis de structure du Stade pour débuter la construction.

Les projets annoncés ébahirent tous les invités. « Un Ensemble Sportif digne de Montréal et de son Maire », titraient les journalistes le lendemain. Lorsque nous connaissons la géométrie de cet Ensemble, nous ne pouvons qu’être renversé devant une telle œuvre d’art. Pour certains, la beauté avait un prix. Nous n’avons qu’à dire « C’est compliqué ! Nos ouvriers ne savent pas construire un tel projet » … et allons-y dans les dépenses démesurées et partisanes.

La conférence de presse à l’I.C.A.O..- Cette présentation du film au Centre Maisonneuve fut suivie d’une conférence de presse à laquelle assistaient plus de 200 journalistes venus de tous les pays du monde. À partir de ce jour, notre Complexe du Parc Olympique fit le tour de la terre.

L’Architecte Taillibert et moi, formions un duo qui se complétait bien, lui « l’architecte » et moi « le Mozart de l’architecture » comme il se plaisait à me taquiner. Cette complicité s’était développée par un respect mutuel de nos connaissances. L’Architecte avait apporté ses grandes connaissances en matière de sports olympiques, son architecture avancée dont la renommée débordait la France seule et l’utilisation dans ses œuvres du béton armé et précontraint, l’utilisation de voiles minces rendant chacun de nos projets très économiques. Oui, je n’ai pas peur de l’affirmer, très économiques.

Quant à moi, j’ajoutais la connaissance des sports nord-américains, notamment le baseball, notre principal utilisateur du Stade, un esprit créateur et critique plein de propositions pour rentabiliser les projets. J’apportais deux projets de Stade dont le deuxième avait été retenu par la ville et une programmation olympique complète pour le Stade, les Piscines et le Vélodrome.

Mon appréciation de M. Taillibert.- Le lendemain de la présentation, je rencontrai le journaliste Gilles Blanchard du Dimanche-Matin, un confrère de classe, qui m’a demandé ce que je pensais de M. Taillibert. Voici copies des deux textes qu’il produisit dans l’édition du dimanche 9 avril 1972.


Voici deux articles de journaux qui parurent le dimanche 9 avril 1972:

De sa hauteur, le mât du Stade Olympique narguera la Place Ville-Marie
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Roger Taillibert, le génie de l'audace
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« Roger Taillibert, le génie de l’audace »

« Claude Phaneuf n’y va pas par quatre chemins quand il parle de Roger Taillibert, l’Architecte parisien qui a réalisé le miracle de l’architecture du Stade. « Tu me connais, je suis un gars pondéré, commence Claude. Eh bien! Ce gars-là est fantastique tout simplement ». « C’est un bourreau de travail. Il n’y a jamais une solution évidente à un problème donné, puis vingt solutions qu’il imagine, puis une étude comparative, et finalement, une décision ». « M. Taillibert est ensuite une autorité en matière d’installations sportives. Il faut voir son Parc des Princes, ses Piscines de Carnot, Reims, Lyon, Marseille, etc. pour apprécier son génie à sa juste valeur ».

Claude Phaneuf et Roger Taillibert
La Presse, 7 avril 1972
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« Puis il est audacieux. Audacieux comme, personnellement, je n’en ai jamais vu. C’est un spécialiste en architecture courbe, un gars qui possède un tas de nouvelles méthodes ». « C’est au fond un révolutionnaire, un architecte qui a le don de faire travailler le béton à sa plus grande capacité, donc de produire des structures incroyablement économiques ».


Et M. Drapeau de déclarer à mon sujet : « Un jeune ingénieur qui a effectué un travail considérable dans le projet du Stade et qui a aussi travaillé d’arrache-pied à la construction du parc Jarry… ».

Claude Phaneuf, B.A., B.Sc.A.
Un des trois pionniers concepteurs du Parc Olympique et du Stade.
Membre de l'OIQ de 1962 à octobre 2006.
Mai 2010







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